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Le point sur les résultats cliniques des essais sur les vaccins antiméningococciques

Le présent compte rendu est fondé sur des données médicales présentées lors d'un congrès de médecine reconnu ou publiées dans une revue avec comité de lecture ou dans un commentaire signé par un professionnel de la santé reconnu. La matière abordée dans ce compte rendu s'adresse uniquement aux professionnels de la santé reconnus du Canada.

PRESSE PRIORITAIRE - La 9e Conférence canadienne sur l’immunisation (CCI)

Québec, Québec / 5-8 décembre 2010

Les données de surveillance issues du réseau IMPACT (Immunization Monitoring Program, ACTive) – présentées au congrès par la Dre Julie Bettinger, professeure adjointe, Vaccine Evaluation Centre, et Child and Family Research Institute, University of British Columbia (UBC), Vancouver – ont révélé que le méningocoque de sérogroupe B avait été incriminé dans 53 % des infections invasives à méningocoque (IIM) que les 12 établissements participants ont déclarées entre janvier 2002 et décembre 2009. Durant ce même intervalle, le réseau IMPACT a recensé dans ses établissements 665 hospitalisations pour IIM, et environ la moitié des patients avaient moins de 20 ans.

Cela dit, précise la Dre Bettinger, la distribution des IIM de sérogroupe B varie d’une province à l’autre ainsi que d’un groupe d’âge à l’autre (environ 80 % des IIM chez les nourrissons et de 50 à 60 % des IIM chez les 10 à 19 ans). C’est en 2001, au Québec, que le premier programme de vaccination massive reposant sur le vaccin antiméningococcique C monovalent (MenC) a été lancé au Canada; d’autres programmes ciblant les nourrissons se sont ajoutés dans certaines provinces à partir de 2002.

Grâce à ces programmes, le sérogroupe C est maintenant responsable de seulement 20 % environ des IIM au Canada, alors que le sérogroupe Y est responsable d’environ 13 % des IIM et le sérogroupe W-135, d’un pourcentage encore plus faible. Les IIM de sérogroupe Y et W-135 se rencontrent principalement chez les voyageurs, fait remarquer la Dre Bettinger. «Les provinces qui n’ont pas tardé à lancer un programme de vaccination axé sur le MenC ont vu l’incidence des IIM de sérogroupe C baisser alors que les provinces ayant lancé le leur plus tard n’avaient toujours pas observé de déclin en 2006», ajoute-t-elle.

Contrairement aux infections à pneumocoque, la plupart maintenant causées par des sérotypes non ciblés par le vaccin antipneumococcique heptavalent, les IIM de sérogroupe B sont demeurées relativement stables dans les provinces qui ont lancé – que ce soit tôt ou tardivement – un programme de vaccination par le MenC. À ce jour, il ne semble pas y avoir eu de substitution des sérogroupes, mais une surveillance continue s’impose. «Nous devons aussi surveiller l’immunité contre les infections à méningocoque, car elle pourrait s’estomper chez les enfants», affirme la Dre Bettinger, quoique l’on ignore toujours la durée de la protection contre les IIM de sérogroupe C.

Dans la plupart des provinces et des territoires, on administre une dose du vaccin MenC à l’âge de 12 mois, mais dans certaines provinces, les nourrissons en reçoivent deux. Un programme de rattrapage est offert aux adolescents qui n’ont pas été vaccinés durant l’enfance.

Vaccins antiméningococciques quadrivalents

Le marché compte actuellement deux vaccins antiméningococciques quadrivalents, contenant tous deux des saccharides capsulaires dérivés des sérogroupes A, C, W-135 et Y. Le vaccin MenACWY-D (Menactra) a été le premier à être homologué, et le vaccin MenACWY-CRM (Menveo) a été homologué récemment. Le vaccin MenACWY-CRM n’utilise pas la même protéine transporteuse que le vaccin MenACWY-D (CRM<sub>197</sub>, toxine diphtérique mutante non toxique, dans le premier cas et anatoxines diphtériques dans le deuxième).

L’homologation du deuxième vaccin antiméningococcique quadrivalent reposait sur une série d’études distinctes, dont le Dr Scott Halperin, directeur du Canadian Center for Vaccinology et professeur titulaire de pédiatrie, Dalhousie University, Halifax, Nouvelle-Écosse, a fait un tour d’horizon au congrès. À la lumière d’une série de comparaisons entre le nouveau vaccin quadrivalent, alors expérimental, et le vaccin quadrivalent commercialisé, les chercheurs ont d’abord rapporté les taux de réponse sérologique globale observés chez les adolescents.

Un mois après la vaccination, les taux de réponse sérologique à l’égard des sérogroupes A, W-135 et Y étaient significativement plus élevés chez les sujets du groupe MenACWY-CRM que chez ceux du groupe MenACWY-D, tandis que les taux de réponse sérologique à l’égard du sérogroupe C étaient essentiellement les mêmes (environ 74 % pour chaque vaccin). Dans le même groupe d’adolescents, 2 ans après la vaccination, la persistance de titres protecteurs d’anticorps (titres hSBA =1:8) contre les sérogroupes A, W-135 et Y était statistiquement plus fréquente chez les patients qui avaient reçu le vaccin MenACWY-CRM que chez ceux qui avaient reçu le MenACWY-D; là encore, les résultats étaient identiques dans le cas du sérogroupe C.

Chez les 2 à 10 ans, les critères de non-infériorité ont été atteints pour les quatre sérogroupes après la vaccination par le MenACWY-CRM, et la supériorité statistique par rapport au MenACWY-D a été démontrée pour les sérogroupes C, W-135 et Y.

Le Dr Halperin a aussi rapporté récemment (Eur J Clin Microbiol Infect Dis 2010;29:259-67) que le vaccin MenACWY-CRM était bien toléré et immunogène chez les nourrissons de 6 mois et qu’il les préparait à une réponse plus robuste à une dose de rappel à l’âge de 12 mois.

Sur le plan des effets indésirables et de l’immunogénicité contre le sérogroupe C, il s’apparentait au vaccin MenC monovalent chez les nourrissons de 6 à 18 mois qui avaient reçu soit deux doses du MenACWY-CRM à 6 et à 12 mois, soit une dose du MenC à 12 mois suivie d’une dose du MenACWY-CRM à 18 mois, soit une seule dose du MenACWY-CRM à 12 mois.

«Le vaccin conjugué monovalent contre le méningocoque C a été approuvé pour les nourrissons, mais la possibilité d’avoir un vaccin permettant de prévenir les IIM causées par quatre des cinq principaux sérogroupes serait fantastique. L’homologation de ce vaccin [pour les nourrissons et les enfants de <2 ans] sera une étape importante, car un tel vaccin pour ces jeunes enfants fait cruellement défaut», souligne la Dre Bettinger.

Méningocoque de sérogroupe B

Compte tenu du fardeau que représentent les IIM de sérogroupe B, surtout chez les très jeunes enfants, un vaccin efficace contre la cause principale des IIM dans certains groupes d’âge serait une grande percée. Comme l’explique Rino Rappuoli, PhD, chercheur en vaccinologie, Sienne, Italie, N. meningitidis est une bactérie entourée de polysaccharides capsulaires, dont la structure chimique détermine le sérogroupe. Dans le cas du méningocoque B, cependant, la capsule est un «auto»-antigène et ne peut donc pas servir de cible pour la vaccination, poursuit le Dr Rappuoli.

En 1995, le pionnier de la recherche génomique, le Dr Craig Venter, qui dirigeait alors l’Institute for Genomic Research à Rockville, au Maryland, a réussi à séquencer le génome de Haemophilus influenzae. Ce tournant a ouvert plusieurs portes qui ont permis aux mêmes chercheurs de séquencer le génome du méningocoque B en 2000. «Le séquençage de génomes bactériens a permis d’étudier non seulement les quelques cibles pouvant être isolées par les techniques traditionnelles, mais aussi le répertoire complet des cibles présentes dans le génome», a-t-il expliqué lors d’une interview.

En étudiant la constitution génétique de la bactérie dans le cadre d’un procédé dit de «vaccinologie inverse», Le Dr M. Rappuoli et ses collaborateurs ont réussi à cerner de nouveaux antigènes prometteurs qui pourraient être immunogènes dans des candidats-vaccins.

Après de nombreuses années consacrées à l’évaluation de multiples antigènes de N. meningitidis, ils ont cerné trois protéines qui s’étaient révélées fortement immunogènes lors d’études précliniques : variant 1 de fHbP (factor H binding protein); adhésine A de Neisseria (NadA); antigène NHBA (Neisseria heparin-binding antigen). Ces trois protéines recombinantes, combinées avec des vésicules de membrane externe (OMV) de la souche NZ98/254 hypervirulente, servent maintenant de cibles antigéniques dans le nouveau vaccin recombinant 4CMenB contre le méningocoque B.

Ce nouveau vaccin a maintenant été évalué dans divers groupes d’âge, y compris des nourrissons de seulement 2 mois. L’immunogénicité, paramètre principal, a été déterminée par les titres d’anticorps hSBA contre trois souches différentes du méningocoque B, 30 jours après la dernière série de vaccins. Les résultats ont révélé que 100 %, 100 % et 84 % des nourrissons qui avaient reçu le vaccin 4CMenB en même temps que les vaccins usuels avaient des titres séroprotecteurs d’anticorps hSBA =1:5 contre les souches du méningocoque B.

La tolérabilité du nouveau vaccin 4CMenB est aussi acceptable, comme l’ont souligné Esposito et ses collaborateurs dans le cadre d’une affiche connexe (P.006). Des effets indésirables graves ont été notés chez 8 % des nourrissons qui ont reçu le 4CMenB en même temps que les vaccins usuels, comparativement à 6 % des nourrissons ayant reçu le vaccin MenC et les vaccins usuels, et 8 % des nourrissons ayant reçu uniquement les vaccins usuels. La survenue de réactions locales et de fièvre était prévisible (pic de température à 6 heures et diminution marquée 2 jours après la vaccination); peu de nourrissons ont été retirés de l’étude en raison de telles réactions.

«Le méningocoque B est le seul que nous ne puissions pas encore combattre, et il est responsable d’un énorme fardeau de morbidité chez les enfants», affirmait la Dre Bettinger lorsqu’on lui a demandé son opinion sur le nouveau vaccin 4CMenB. «L’impact incroyable que ce vaccin pourrait avoir sur les infections à méningocoque est probablement ce qui nous tient tous en haleine.»

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