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Vaccination chez l’adulte : élargissement de la couverture et sensibilisation

Le présent compte rendu est fondé sur des données médicales présentées lors d'un congrès de médecine reconnu ou publiées dans une revue avec comité de lecture ou dans un commentaire signé par un professionnel de la santé reconnu. La matière abordée dans ce compte rendu s'adresse uniquement aux professionnels de la santé reconnus du Canada.

PRESSE PRIORITAIRE - La 9e Conférence canadienne sur l’immunisation (CCI)

Québec, Québec / 5-8 décembre 2010

Les professionnels de la santé qui traitent des adultes ne devraient jamais laisser passer une occasion de discuter avec leurs patients de leurs besoins en matière de vaccination afin de les sensibiliser à la question et d’accroître ainsi la probabilité qu’ils se fassent administrer les vaccins indiqués dans leur groupe d’âge.

«À mon avis, nous ratons de belles occasions de prévenir la morbidité chez les aînés», affirme la Dre Shelly McNeil, Canadian Centre for Vaccinology, et professeure agrégée de médecine, Dalhousie University, Halifax, Nouvelle-Écosse. Les vaccins ne peuvent pas prévenir toutes les maladies chez les personnes âgées, mais ces dernières «risqueraient moins de se retrouver à l’hôpital ou de mourir à cause d’une maladie infectieuse si nous procédions à une vaccination plus systématique. Nous devons nous donner de meilleures stratégies pour joindre la population adulte», déclare-t-elle.

On pourrait, par exemple, faciliter l’accès à la vaccination en offrant ce service dans des lieux non traditionnels, par exemple en pharmacie. On le fait au Nouveau-Brunswick depuis décembre 2009, et le Parlement de la Nouvelle-Écosse étudie actuellement cette possibilité. Isenor et ses collègues ont présenté une affiche sur une formation en vaccination à l’intention des pharmaciens, l’IIATP (Immunization and Injection Administration Training Program), offerte par la Dalhousie University dans le cadre de son programme de formation continue en pharmacie. Au terme de la formation, on a demandé aux participants (N=228) de répondre à un court sondage en ligne. Plus de 80 % des répondants se sont dits tout à fait d’accord ou d’accord avec un énoncé affirmant qu’ils se sentaient prêts à administrer des médicaments par injection, y compris des vaccins.

Depuis novembre 2009, 300 pharmaciens ont participé au programme IIATP, dont 131 au Nouveau-Brunswick, et la plupart vont administrer le vaccin antigrippal annuel dans le cadre du programme de santé publique de la province. «Les pharmaciens sont en contact direct avec le public», fait remarquer Susan Bowles, PharmD, également de la Dalhousie University. Aux États-Unis, lorsque les pharmaciens ont commencé à offrir des services de vaccination il y a une quinzaine d’années, on a observé une augmentation spectaculaire des taux de vaccination, augmentation qui était démesurée par rapport au nombre réel de patients qu’ils avaient vaccinés eux-mêmes; c’est donc dire que la population avait été sensibilisée à la nécessité de la vaccination. «Lorsque les pharmaciens offrent la vaccination, non seulement les patients ont-ils davantage d’occasions de se faire vacciner, mais ils sont en outre sensibilisés à l’importance de la vaccination», ajoute-t-elle.

Les médecins peuvent eux aussi contribuer notablement à l’élargissement de la couverture vaccinale dans la population adulte, tout simplement en recommandant à leurs patients de se faire vacciner. La recommandation d’un professionnel de la santé est le facteur qui influe le plus sur la décision de se faire vacciner ou non, insiste la Dre McNeil. «Si nous nous faisons un devoir d’informer nos patients sur les avantages de la vaccination chez les adultes et que nous offrons, voire recommandons, les vaccins, les gens vont se faire vacciner.»

Malheureusement, bien des gens s’informent sur Internet, où les données sur la vaccination sont pour la plupart tendancieuses ou inexactes. Résultat : les médecins doivent souvent se débattre contre des idées fausses au sujet des vaccins. C’est ici que l’art de la communication prend tout son sens, précise la Dre Noni MacDonald, professeure titulaire de pédiatrie et d’informatique, Dalhousie University. Pour accepter de se faire vacciner, l’adulte doit d’abord et avant tout se sentir en confiance. «Un médecin savant et austère n’inspire pas confiance […] le patient doit sentir qu’on se soucie de lui pour accorder sa confiance», souligne-t-elle.

En outre, le médecin doit expliquer son point de vue sur les vaccins le plus clairement possible, sans jargon médical. Les notions mathématiques telles que les risques relatifs et les pourcentages échappent à la plupart des patients. Ainsi, en disant que 10 patients sur 100 — et non 10 % des patients — meurent du tétanos même s’ils sont traités à l’urgence, le patient comprendra que le tétanos tue et que, moyennant une dose de rappel tous les 10 ans chez l’adulte, la vaccination le prévient.

Et, poursuit la Dre MacDonald, «les médecins doivent communiquer un message d’une parfaite cohérence, et ce message est on ne peut plus simple : les vaccins sont sûrs, efficaces et sauvent des vies».

La Dre Julie Bettinger, professeure adjointe, Vaccine Evaluation Centre, Child and Family Research Institute, University of British Columbia (UBC), Vancouver, croit elle aussi que l’élargissement de la couverture dans la population adulte passe par les professionnels de la santé.

«La littérature est sans équivoque : pour avoir des conseils en matière de vaccination, les gens s’adressent aux professionnels de la santé qu’ils ont l’habitude de consulter. C’est donc, je pense, en sensibilisant les professionnels de la santé à l’importance de la vaccination chez l’adulte qu’on en viendra à une prise de conscience dans le grand public.»

Étude Can-AVERT

Kiberd et son équipe ont présenté les résultats de la première phase de l’étude Can-AVERT (The Canadian Adult Vaccination Evaluation & Research Team). Quelque 4067 personnes ont répondu à un sondage Web pancanadien visant à évaluer les connaissances et à jauger les attitudes des répondants en matière de vaccination.

Un peu moins du quart des répondants s’étaient fait vacciner contre la grippe saisonnière et 17 % des autres participants avaient l’intention de le faire. Certains craignaient que le vaccin antigrippal cause la grippe, ce qui influait défavorablement sur la couverture. Non seulement cette crainte n’est pas fondée, mais les médecins peuvent assurer à leurs patients qui ont eu la grippe malgré le vaccin qu’ils auraient été beaucoup plus malades s’ils n’avaient pas été vaccinés, insiste la Dre Janet McElhaney, professeure et titulaire de la chaire Allan McGavin de recherche en gériatrie, UBC. De plus, en recevant le vaccin antigrippal l’année suivante, ils se constitueront une barrière immunitaire très solide. Par ailleurs, le sondage Can-AVERT a également révélé que la couverture des autres vaccins indiqués chez l’adulte, par exemple le vaccin contre le zona, laissait à désirer.

«Manifestement, les gens ne mesurent pas pleinement les conséquences des infections que l’on peut prévenir ou atténuer par la vaccination des adultes, écrivent les chercheurs. Moins de 5 % des répondants considéraient la coqueluche, l’infection par le virus du papillome humain, la pneumonie, le zona et le tétanos comme des infections assez graves et moins de 20 % estimaient que l’hépatite était une infection importante. La couverture du vaccin antigrippal s’élargit, mais il faut maintenant étendre celle des autres vaccins indiqués chez l’adulte.»

Étude sur le zona

Parmi les nouveaux vaccins indiqués chez les aînés, le plus important est le vaccin contre le zona. L’étude SPS (Shingles Prevention Study) a révélé que ce vaccin avait allégé le fardeau de morbidité associé au zona (FMZ) de 61,1 % dans l’ensemble de la cohorte (Oxman et al. N Engl J Med 2005;352:2271-84). Le vaccin a également abaissé de 66,5 % l’incidence des névralgies post-zostériennes (NPZ) et de 51,3 % l’incidence du zona en tant que tel.

Benbernou et ses collaborateurs ont mené la première étude canadienne sur la douleur prodromique associée au zona chez les personnes âgées. Ils ont recruté 251 patients de 50 ans ou plus ayant consulté quelque 83 médecins de partout au Canada dans les 14 jours qui ont suivi l’éruption cutanée. Les résultats témoignent du fardeau appréciable du prodrome, 74 % des sujets ayant signalé une douleur prodromique d’une durée moyenne de 4,7 jours. En outre, 46 % des patients ont fait état d’une douleur intense (=7 sur une échelle de 10), et 41 % ressentaient de la douleur >18 heures par jour.

Chaque hausse de 1 point de la sévérité de la douleur prodromique augmentait de 8 % le risque de douleurs aiguës sévères pendant l’épisode de zona, ont également constaté les chercheurs. Et, observation qui n’a rien d’étonnant, les patients qui avaient ressenti une douleur prodromique étaient plus susceptibles de se présenter au service des urgences, de consulter tôt dans le cours de la maladie (0 à 3 jours) et de recevoir un antiviral et des opiacés.

«La douleur prodromique est très difficile à diagnostiquer, mais devant une personne de 50 ans ou plus en proie à d’intenses douleurs, le médecin peut soupçonner le zona et démarrer plus tôt le traitement antiviral, fait observer Atika Benbernou, MSc, Unité de recherche en santé des populations, CHAUQ, Université Laval, Québec. Et désormais, bien entendu, il y a aussi le vaccin qui constitue un rempart contre le zona.»

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