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VACCINS

Le présent compte rendu est fondé sur des données médicales présentées lors d'un congrès de médecine reconnu ou publiées dans une revue avec comité de lecture ou dans un commentaire signé par un professionnel de la santé reconnu. La matière abordée dans ce compte rendu s'adresse uniquement aux professionnels de la santé reconnus du Canada.

INFO-RESSOURCES

Avril–juin 2010

Recommandations du CCNI sur la vaccination contre le zona

Relevé des maladies transmissibles du Canada (RMTC). Publication en ligne, janvier 2010;36(DCC-1):1-19.

Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) recommande maintenant l’administration du vaccin contre le zona aux personnes de 60 ans ou plus pour la prévention de cette maladie et de ses complications, citant des données probantes de l’étude pivot SPS (Shingles Prevention Study) qui étayent l’efficacité et l’innocuité de ce vaccin.

Voici les autres recommandations en bref :

• Aucune recommandation n’est formulée quant à l’immunisation des personnes ayant déjà eu un épisode de zona, même si elles sont susceptibles d’en avoir d’autres. En effet, comme les personnes ayant des antécédents de zona ont été exclues de l’étude SPS, l’efficacité du vaccin n’a pu être démontrée dans cette population.

• Le vaccin doit être administré sans égard aux antécédents de varicelle ou d’infection varicelleuse confirmée. Comme le souligne le CCNI, presque tous les Canadiens ont été exposés à la varicelle, même s’ils ne se rappellent pas avoir reçu un diagnostic de cette maladie, et aucun danger connu n’est associé à la vaccination des sujets en santé.

• Il n’est pas recommandé d’administrer des doses de rappel aux sujets en santé. L’efficacité de la protection n’a pas été évaluée au-delà d’une période de 4 ans, et on ignore si les doses de rappel sont bénéfiques.

• Les personnes qui reçoivent malencontreusement un traitement antiviral systémique actif contre la varicelle dans les 2 jours précédant et les 14 jours suivant l’administration du vaccin peuvent bénéficier d’une seconde dose du vaccin 42 jours ou plus après l’injection de la première dose ainsi qu’après l’arrêt du traitement antiviral.

• Le vaccin peut être administré aux patients de 50 ans ou plus. Comme le souligne le CCNI, même si l’innocuité et l’immunogénicité du vaccin ont été démontrées chez les patients de ce groupe d’âge, les études sur l’efficacité n’ont été réalisées que chez des personnes de 60 ans ou plus, soit celles pour qui le vaccin sera le plus bénéfique. On ignore si la vaccination des sujets de moins de 60 ans leur assure une protection continue lorsqu’ils avancent en âge, l’incidence du zona étant alors plus élevée.

• Le vaccin antigrippal trivalent peut être administré en concomitance avec le vaccin antizona à un point d’injection différent, mais un intervalle minimal de 4 semaines doit séparer l’administration du vaccin antipneumococcique polysaccharidique à 23 valences de celle du vaccin antizona.

RÉSUMÉS D’ARTICLES PARUS DANS :

Relevé des maladies transmissibles au Canada : www.phac-aspc.gc.ca/naci-ccni/index-fra.php

Vaccine : www.sciencedirect.com/science journal/0264410X

J Natl Cancer Inst : www.jnci.oxfordjournals.org

J Infect Dis : www.journals.uchicago.edu/toc/jid/current

Diminution des taux d’hospitalisation attribuable à la varicelle après l’arrivée du vaccin en Australie

Carville et al. A decline in varicella but an uncertain impact on zoster following varicella vaccination in Victoria, Australia. Vaccine 2010;28(13):2532-8.

On a observé une diminution significative des taux d’hospitalisation attribuable à la varicelle, particulièrement chez les moins de 5 ans – groupe d’âge cible – après l’arrivée du vaccin antivaricelleux dans l’État de Victoria, en Australie. En revanche, les taux d’hospitalisation pour zona ont connu une croissance soutenue coïncidant avec l’avènement de ce vaccin, rapportent des chercheurs australiens.

La Dre Kylie Carville, University of Melbourne, Australie, et ses collègues ont extrait les données associées aux diagnostics de varicelle ou de zona consignées entre 1995 et 2007 dans la Victoria Admitted Episodes Dataset, et constaté que 3853 personnes avaient été admises dans les hôpitaux du Victoria pour cause de varicelle pendant cette période. Chez 64 % de ces patients, le diagnostic principal était la varicelle. «Le nombre d’hospitalisations pour varicelle au Victoria a augmenté entre 1995 et 2000, pour ensuite diminuer», précisent les investigateurs. «Pendant toute la période de disponibilité du vaccin [programmes privés ou gouvernementaux, de 2000 à 2007], ce nombre a diminué de 7 % par année.»

Le nombre d’enfants de moins de 5 ans hospitalisés pour la varicelle a diminué de 9 % entre 2000 et 2005, et ce déclin s’est poursuivi en 2006-2007. On a observé une baisse des hospitalisations entre 2000 et 2005 dans d’autres groupes d’âge, notamment chez les 5 à 9 ans et les 10 à 19 ans. Fait intéressant, le nombre d’hospitalisations a chuté de 39 % en 2006-2007 chez les 20 à 49 ans. Dans l’ensemble, les hospitalisations pour cause de varicelle ont diminué de 44 % au Victoria entre 2000 et 2007, indiquent les chercheurs. Ces derniers ont recensé 10 535 admissions liées au zona dans les hôpitaux de cet État entre 1995 et 2007. Dans 45 % des cas, le diagnostic principal était le zona. «Le nombre d’hospitalisations a diminué pendant la période où aucun vaccin [antivaricelleux] n’était encore commercialisé, mais a augmenté lorsque le vaccin a été offert dans le cadre de programmes privés; le taux moyen d’hospitalisation a progressé de nouveau en 2006-2007», notent les investigateurs.

De manière générale, les personnes de 80 ans ou plus ont influé grandement sur les tendances observées au chapitre des hospitalisations liées au zona. Entre 1995 et 1998, les taux d’hospitalisation ont fléchi de 13 % par année, pour ensuite augmenter de 5 % annuellement entre 1998 et 2007 dans ce groupe d’âge. Les auteurs précisent cependant qu’en raison de la nature de leur étude, ils n’ont pu déterminer pourquoi ces taux avaient augmenté. Néanmoins, peu importe les facteurs en cause, «on a observé une augmentation des cas de zona nécessitant une hospitalisation, ainsi que des cas suffisamment inquiétants dans la collectivité pour justifier une consultation médicale en dehors des heures ouvrables. Dans les régions où le vaccin antizona n’est pas gratuit, on devrait envisager de l’inclure dans les programmes de vaccination pour adultes financés par l’État», concluent les auteurs.

La poursuite de la vaccination contre le VPH diminuera nettement l’incidence de toutes les lésions imputables au VPH

Muñoz et al. Impact of human papillomavirus (HPV)-6/11/16/18 vaccine on all HPV-associated genital diseases in young women. J Natl Cancer Inst 2010;102(5):1-15.

Selon les chercheurs de l’essai FUTURE, la poursuite de la vaccination des adolescentes et des jeunes femmes contre l’infection par le virus du papillome humain (VPH) diminuera nettement, à court et à long terme, l’incidence de toutes les lésions imputables au VPH.

La Dre Nubia Muñoz, Lyon, France, et son équipe multicentrique ont mesuré l’impact du vaccin quadrivalent sur toutes les lésions génitales associées au VPH dans une population de jeunes femmes n’ayant jamais eu de rapports sexuels et jamais exposées à 14 types de VPH au départ ainsi que dans une population mixte de femmes déjà exposées ou jamais exposées au VPH (groupe en intention de traiter [IT]).

Chez les jeunes femmes n’ayant jamais eu de rapports sexuels, après 3,6 ans de suivi en moyenne (maximum de 4,9 ans), l’efficacité du vaccin atteignait 100 % contre les lésions vaginales, vulvaires et cervicales de grade élevé causées par les types 16 et 18 ainsi que contre les verrues génitales causées par les types 6 et 11. L’efficacité était moindre dans le groupe IT, mais le vaccin a tout de même diminué significativement le risque de lésions cervicales de grade élevé de 19 %, le risque de lésions vulvaires et vaginales de 50,7 % et le risque de verrues génitales de 62 % par rapport au placebo.

Toujours chez les femmes n’ayant jamais eu de rapports sexuels, la vaccination prophylactique a aussi réduit de 92 % les anomalies cytologiques liées au type 16 du VPH et de 97 % les anomalies cytologiques liées au type 18. «Comme prévu, le vaccin a eu moins d’impact sur les anomalies cytologiques, peu importe le type de VPH en cause, la réduction globale ayant atteint 17,1 %», notent les auteurs. La vaccination contre le VPH a aussi réduit significativement le risque de colposcopie de 19,8 %, le risque de biopsie cervicale de 22 % et le risque de traitement cervical définitif de 42,3 %. On a par ailleurs noté une diminution de 43,3 % de toutes les interventions pour cause de lésion génitale externe. Là encore, la diminution des mêmes paramètres était moins marquée dans le groupe IT, mais elle est demeurée significative à 11,3 % pour tous les diagnostics cytologiques, à 23 % pour les traitements cervicaux définitifs et à 28,3 % pour les exérèses de lésions génitales externes.

«Une vaste couverture vaccinale chez les adolescentes et les jeunes femmes pourrait donner lieu à une diminution rapide des verrues génitales, des anomalies cytologiques au niveau du col ainsi que des interventions diagnostiques et thérapeutiques. À plus long terme, les taux de cancers du col, de la vulve et du vagin pourraient aussi diminuer de façon substantielle», concluent les chercheurs.

Réponses anamnestiques plus robustes chez des adolescents ayant reçu une dose de rappel pour adultes du vaccin anti-hépatite B

Chaves et al. Improved anamnestic response among adolescents boosted with a higher dose of the hepatitis B vaccine. Vaccine 2010;28(16):2860-4.

Selon les résultats d’une étude novatrice, les réponses anamnestiques obtenues chez des adolescents qui reçoivent une dose de rappel plus forte du vaccin anti-hépatite B sont significativement plus robustes – sans être optimales – que celles induites par une dose pédiatrique.

La Dre Sandra Chaves, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, Géorgie, et son équipe multicentrique ont administré une dose de rappel pour adultes du vaccin anti-hépatite B à des adolescents, puis comparé leurs réponses anamnestiques à celles d’adolescents ayant reçu une dose de rappel pédiatrique du même vaccin. «Parmi les 158 adolescents admissibles, 89 ont reçu la dose adulte», précisent les auteurs. L’âge médian des sujets était de 15,7 et de 17,7 ans dans les groupes ayant reçu respectivement la dose pédiatrique et la dose adulte.

Parmi les adolescents qui n’avaient pu maintenir des titres d’anticorps protecteurs, la dose adulte a permis d’obtenir une réponse anamnestique chez une plus grande proportion de sujets (60 %) que la dose pédiatrique (43,8 %). Inversement, 35 % des adolescents présentaient toujours des titres d’anticorps anti-VHB inférieurs au seuil de protection après avoir reçu la dose adulte, comparativement à 52 % des sujets de l’autre groupe.

«Cette étude est la première à tenter de déterminer si la capacité d’induire une réponse anamnestique adéquate chez des sujets vaccinés dès la naissance est liée à la concentration d’antigènes utilisée dans la dose de rappel, précisent les investigateurs. Une concentration plus élevée d’antigènes de l’hépatite B pourrait se révéler nécessaire pour induire une réponse immunitaire mémoire optimale bien après que les titres d’anticorps anti-HBs ne soient devenus indécelables.»

Une vaste couverture vaccinale contre l’infection à rotavirus pourrait réduire sensiblement le fardeau global de morbidité en Angleterre et au Pays de Galles

Atchison et al. Modelling the seasonality of rotavirus disease and the impact of vaccination in England and Wales. Vaccine 2010;28(18):3118-26.

La vaccination de masse contre l’infection à rotavirus (RV) en Angleterre et au Pays de Galles pourrait réduire le fardeau global de morbidité de 61 % si la couverture vaccinale atteignait celle des autres vaccins de l’enfance, estiment des chercheurs du Royaume-Uni (RU).

Christina Atchison, London School of Hygiene and Tropical Medicine, RU, et son équipe ont élaboré un modèle dynamique de transmission du RV pour ensuite l’appliquer aux cas d’infection à RV rapportés quotidiennement en Angleterre et au Pays de Galles. À l’aide de ce modèle, ils ont étudié les retombées épidémiologiques éventuelles d’un programme de vaccination de masse contre le RV dans les deux nations. «Nous avons d’abord étudié les effets d’une vaccination de masse anti-RV [à l’aide d’un vaccin monovalent] en deux doses, la première à deux mois, la deuxième à quatre mois», expliquent les chercheurs. Ils ont aussi supposé que le schéma vaccinal complet conférait une protection équivalente à celle résultant d’une primo-infection et que 96 % des sujets ayant reçu les deux doses seraient immunisés contre la primoinfection par le RV. Ils ont simultanément exploré divers niveaux de couverture vaccinale et déterminé les effets relatifs à long terme d’une protection directe et indirecte.

Au cours des deux premières années, l’introduction du vaccin aurait pour effet un déclin toujours plus marqué du nombre d’infections et un début plus tardif de la saison des infections à RV. Avant l’avènement du vaccin, par exemple, on observait typiquement un pic d’activité au début de mars. La deuxième année suivant la vaccination, ce pic se produirait en avril. «Pour une couverture de 91 %, si l’on suppose que les deux doses ont été administrées, le modèle prévoit une diminution de 72 % du pic de l’incidence saisonnière», soulignent-ils. Les chercheurs prévoient par ailleurs que la saison des infections à RV se stabilisera environ 10 ans après l’introduction du vaccin et que l’âge moyen de survenue de l’infection passerait de 1,4 an avant l’avènement du vaccin à 5,3 ans après la vaccination. Toujours avec une couverture de 91 %, le vaccin permettrait indirectement une réduction supplémentaire de 3 % du nombre de cas signalés.

«Si l’effet du vaccin s’apparente réellement à l’immunité résultant d’une primo-infection, le modèle prévoit que le vaccin n’éliminera pas complètement les infections à RV, que le schéma comprenne une, deux ou trois doses du vaccin [pentavalent]. Ces prévisions concordent d’ailleurs avec ce qu’on observe aux États- Unis. La chute abrupte de l’incidence des infections allégerait fort probablement le fardeau associé à la gastroentérite à RV pour le système de santé», concluent-ils.

La primovaccination et la revaccination par le vaccin Pneu-P-23 induisent une réponse anticorps persistant jusqu’à 5 ans

Musher et al. Safety and antibody response, including antibody persistence for 5 years, after primary vaccination or revaccination with pneumococcal polysaccharide vaccine in middle-aged and older adults. J Infect Dis 2010;201(4):516-24.

La primovaccination et la revaccination par le vaccin antipneumococcique polysaccharidique à 23 valences (Pneu-P-23) induisent une réponse anticorps persistant jusqu’à 5 ans chez les personnes de 50 ans et plus.

Le Dr Daniel Musher, Michael E. DeBakey VA Medical Center, Houston, Texas, et son équipe multicentrique ont mesuré les titres d’anticorps pendant les 5 années ayant suivi la primovaccination ou la revaccination par le vaccin Pneu-P-23 chez des sujets âgés de 50 à 64 ans ou de 65 ans ou plus qui avaient reçu ce vaccin au moins 3 ans avant leur admission à l’étude ou qui n’avaient jamais été vaccinés. «Chez les sujets de 50 à 64 ans déjà vaccinés, un intervalle d’au moins 3 ans devait séparer la primovaccination de la revaccination, tandis que chez les sujets de 65 ans ou plus, la primovaccination devait avoir été administrée entre 3 et 5 ans auparavant», expliquent les investigateurs.

Au total, 1008 sujets ont été admis à l’étude en 1997 et 1998, et ont reçu une dose du vaccin ou un placebo; de ce nombre, 551 ont terminé l’étude d’une durée de 5 ans. Pour chacun des groupes revaccinés, l’intervalle médian entre la primovaccination et la revaccination était de 3,9 ans. «Après la primovaccination ou la revaccination, les titres d’IgG contre les huit sérotypes ont augmenté significativement entre le début de l’étude et le 30e jour dans les quatre groupes de sujets», indiquent les investigateurs.

Le 30e jour, les titres d’anticorps étaient légèrement plus élevés dans les groupes vaccinés pour la première fois que dans les groupes revaccinés, mais la différence était encore significative. Les moyennes géométriques des titres d’IgG avaient également augmenté du 30e au 60e jour chez les sujets plus âgés vaccinés pour la première fois ou revaccinés et les sujets plus jeunes revaccinés. La plupart des sujets ont présenté des réactions au point d’injection, mais celles-ci se sont produites moins souvent chez les participants plus âgés qui recevaient le vaccin pour la première fois, et plus souvent chez les sujets revaccinés.

«Les titres d’anticorps ont semblé culminer après 30 à 60 jours […] pour ensuite décliner pendant les deux premières années et atteindre un plateau dont les valeurs étaient environ 2 fois plus élevées que les titres moyens observés au départ chez les sujets non vaccinés», précisent les investigateurs. «[Ces résultats] viennent étayer les recommandations de l’ACIP selon lesquelles le vaccin Pneu-P-23 devrait être administré à toutes les personnes de 65 ans ou plus, même si elles l’ont déjà reçu.»

La plupart des urgentologues et des internistes vaccinés contre la grippe en 2008-2009

deSante et al. Physician attitudes towards influenza immunization and vaccine mandates. Vaccine 2010;28(13):2517-21.

Un sondage réalisé auprès des urgentologues et des internistes de deux établissements de soins tertiaires aux États-Unis a révélé que la plupart d’entre eux avaient été vaccinés contre la grippe pendant la saison 2008-2009. Les répondants étaient en outre fortement favorables à la vaccination obligatoire de tous les travailleurs de la santé (TS).

La Dre Jennifer E. deSante, Faculté de médecine, University of Pennsylvania, Philadelphie, et ses collaborateurs ont envoyé un sondage électronique anonyme aux résidents et aux médecins traitants du Service des urgences et du Service de médecine interne de deux hôpitaux de soins tertiaires des University of Pennsylvania Health Systems. «Nous avons ciblé ces services, car les spécialistes qui y travaillent sont plus susceptibles de prodiguer des soins de premier recours aux patients présentant des affections pseudogrippales », soulignent les investigateurs, ajoutant que «l’opinion des médecins sur la vaccination obligatoire des TS constituait le paramètre d’évaluation principal de l’étude».

Ainsi, 94 % des 221 répondants ont déclaré avoir reçu le vaccin antigrippal pendant la saison 2008-2009. «Plusieurs raisons ont incité les médecins à se faire vacciner, les plus fréquemment invoquées étant leur protection, ainsi que celle de leurs patients et de leur famille», précisent les investigateurs. En outre, «les contacts fréquents avec les patients constituaient un important facteur prédictif de vaccination». Parallèlement, les répondants étaient fortement favorables à la vaccination antigrippale obligatoire, 85 % d’entre eux estimant que cette mesure devrait s’appliquer à tous les TS. «Cette proportion passait à 90 % lorsqu’on leur demandait si tous les TS devaient se faire vacciner pour le bien de leurs patients», ajoutent les chercheurs. Toutefois, les internistes étaient largement plus favorables à la vaccination obligatoire que les urgentologues, ce qui témoigne vraisemblablement d’une divergence de vues entre ces spécialistes quant à leur mandat. «Comme le voulait notre hypothèse de travail, les médecins les plus exposés sur le plan clinique et ceux qui invoquaient la sécurité de leurs patients comme motif de vaccination étaient davantage susceptibles d’être vaccinés», font observer les auteurs.

En revanche, les données recueillies dans les hôpitaux ciblés ont révélé que 60 % des TS et 40 % des résidents seulement avaient été vaccinés pendant la saison 2008-2009. Selon les auteurs, ces données sous-estimeraient les taux de vaccination réels, car elles ne tiennent pas compte des TS vaccinés à l’extérieur de ces hôpitaux.

«Tout TS non immunisé peut contaminer ses patients, soulignent les investigateurs. Le fait que les hôpitaux visés par le sondage aient plaidé énergiquement en faveur de la vaccination antigrippale depuis plusieurs années rend la persistance de ce risque de transmission encore plus préoccupante et nous amène à nous demander si les programmes de vaccination facultative peuvent atteindre leurs objectifs.»

L’administration du Pneu-P-23 à l’âge de 12 mois en rappel de la primovaccination par le Pneu-C-7 chez le nourrisson confère une excellente réponse

Russell et al. Safety and immunogenicity of the 23-valent pneumococcal polysaccharide vaccine at 12 months of age, following one, two, or three doses of the 7-valent pneumococcal conjugate vaccine in infancy. Vaccine 2010;28(18):3086-94.

Le vaccin antipneumococcique polysaccharidique à 23 valences (Pneu-P-23) administré en rappel à l’âge de 12 mois, après une, deux ou trois doses du vaccin antipneumococcique conjugué heptavalent (Pneu-C-7) administrées en primovaccination chez le nourrisson, a conféré une excellente réponse anticorps à l’égard de tous les sérotypes ciblés par le Pneu-C-7 et une réponse anticorps importante à l’égard des sérotypes non ciblés par le vaccin Pneu-C-7 pendant une période pouvant atteindre cinq mois.

La Dre Fiona M. Russell, University of Melbourne, Victoria, Australie, et son équipe multicentrique ont réalisé un essai de phase II aux îles Fidji pour déterminer l’innocuité et l’immunogénicité de divers schémas vaccinaux (une, deux ou trois doses du Pneu-C-7 durant la petite enfance) de même que leurs retombées sur le portage du pneumocoque. Le bénéfice supplémentaire associé à l’administration du Pneu-P-23 en rappel à l’âge de 12 mois a aussi été évalué.

En tout, 552 nourrissons ont été admis à l’étude, et le vaccin Pneu-P-23 a été administré à 245 d’entre eux à l’âge de 12 mois. «Deux semaines après l’administration du Pneu-P-23, les moyennes géométriques des titres [MGT] d’IgG spécifiques de chacun des sérotypes ciblés par le Pneu-C-7 étaient significativement plus élevées qu’avant l’administration du Pneu-P-23 chez tous les enfants qui avaient reçu le Pneu-C-7 en primovaccination, peu importe le nombre de doses reçues [p<0,001 dans chaque cas]», rapportent les chercheurs. Pour quatre des sept sérotypes (4, 9V, 18C et 19F), par contre, la réponse était plus robuste chez les enfants qui avaient reçu une dose unique du Pneu-C-7. Deux semaines après l’administration du Pneu-P-23, les MGT étaient aussi significativement plus élevées qu’avant son administration à l’égard de tous les sérotypes ciblés par le Pneu-C-7 chez les nourrissons qui n’avaient pas reçu le Pneu-C-7 (p<0,001). Chez les enfants de 17 mois qui avaient reçu le Pneu-P-23 en rappel à 12 mois, les MGT demeuraient significativement plus élevées pour tous les sérotypes du Pneu-C-7, comparativement aux enfants qui n’avaient pas reçu le Pneu-P-23 en rappel, même s’ils avaient reçu un nombre identique de doses du Pneu-C-7 (p<0,001 dans chaque cas). «Chez les enfants qui avaient reçu une dose unique du Pneu-C-7 et qui ont ensuite reçu le Pneu-P-23 [en rappel], les MGT étaient toujours plus élevées que chez les enfants qui avaient reçu deux ou trois doses du Pneu-C-7, qu’ils aient ensuite reçu ou non le Pneu-P-23 [en rappel]», précisent les chercheurs.

Dans leur évaluation de l’immunogénicité du Pneu-P-23 à l’égard des sérotypes non ciblés par le Pneu-C-7, les chercheurs ont aussi noté que les MGT et le pourcentage de nourrissons ayant des titres d’anticorps =0,35 et =1 µg/mL étaient significativement plus élevés que deux semaines avant l’administration du Pneu-P-23 en rappel (p<0,001 dans chaque cas). À 17 mois, les MGT et le pourcentage de nourrissons ayant des titres d’anticorps d’au moins 35 µg/mL demeuraient significativement plus élevés pour tous les sérotypes non ciblés par le Pneu-C-7 chez les enfants qui avaient reçu le Pneu-P-23 à 12 mois, comparativement à ceux qui ne l’avaient pas reçu (p<0,001 dans chaque cas).

L’administration du Pneu-P-23 en rappel à l’âge de 12 mois a entraîné une légère fièvre chez 28,2 % des sujets, alors qu’une forte fièvre n’a été signalée que chez 6,1 % des sujets. Cependant, des réactions au point d’injection ne sont survenues que chez une minorité de sujets, et toutes les réactions se sont résorbées en 48 heures.

De l’avis des chercheurs, la meilleure réponse anamnestique observée chez les sujets qui avaient reçu une dose unique du Pneu-C-7 pourrait tenir au fait qu’une dose unique de l’antigène pourrait stimuler préférentiellement l’induction de cellules B mémoire, lesquelles sont nécessaires à l’obtention d’une meilleure réponse de rappel. La présence d’un plus grand nombre de cellules B mémoire paverait donc la voie à une meilleure réponse de rappel», concluent-ils.

À VENIR

Assemblée annuelle des sociétés savantes en pédiatrie 1er-4 mai 2010 / Vancouver (Colombie-Britannique) www.pas-meeting.org

La 28e Assemblée annuelle de l’ESPID (European Society for Paediatric Infectious Diseases) 4-8 mai 2010 / Nice, France http://www2.kenes.com/espid2010/Pages/Home.aspx

Primary Care Today 6-8 mai 2010 / Toronto (Ontario) www.primarycaretoday.ca

La 26e Conférence internationale sur le VPH et Ateliers de santé clinique et publique 3-8 juillet 2010 / Montréal (Québec) www.hpv2010.org

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